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L’aménagement du temps et de l’espace : suite !

Posté le 20-12-2017

Nous vous proposons un petit condensé des dernières conférences de Murielle Banneton, directrice de crèche collective à Boulogne Billancourt : Aménagement du temps et de l’espace 

Comment accueillir le temps de l’enfant dans nos espaces ? 

L’aménagement de l’espace doit être adapté pour le tout petit en soutenant à la fois l’action et la relation. L’aménagement se fait en fonction des observations (besoins sociaux, vitaux etc.) et l’adulte fait parti à part entière de celui-ci. En effet, l’adulte est un phare dans l’espace et sa posture doit être périphérique. Toutefois, il doit laisser à l’enfant son espace personnel et le laisser se déplacer, jouer sans le déranger. Le professionnel doit tout de même rester présent car l’enfant a besoin d’être regardé et l’observation est essentielle, notamment celle de la qualité de son jeu.

Par ces observations, l’adulte pourra constater que l’attention de l’enfant se divise en 3 catégories : l’attention flottante (il est très réceptif à ce qui l’entoure, il papillonne d’une activité à l’autre sans projet précis), l’attention soutenue (il est intéressé par l’activité mais reste connecté au monde qui l’entoure) et l’attention concentrée (l’enfant est complètement mobilisé dans ce qu’il fait et ne fait pas attention à ce qu’il se passe autour de lui).

L’importance de la liberté motrice dans l’aménagement de l’espace est à prendre en compte. La motricité se divise en deux groupes : La motricité large et la motricité fine. Concernant la motricité large, l’aménagement de l’espace nécessite un tapis (ferme, sur lequel on a des appuis stables et qui permet de percevoir son propre corps), et du matériel sur lequel l’enfant peut grimper (estrade, boudins etc.), avec lequel il peut s’agripper (barreaux, tunnels) et tirer/pousser. La motricité fine concerne elle toute la mise en scène de l’espace et du matériel avec de la mise en perspective des objets (par exemple, lorsque l’on met un bout de tissu au sol, ne pas le mettre plat sur le sol car l’enfant ne pourra pas l’attraper, privilégier une mise en scène dans laquelle il est en pointe et prendre donc un tissu assez épais qui tient en hauteur). Il est très important d’alterner la motricité fine et large.

Lors de sa première année, la journée du bébé se divise entre temps d’éveils, de sommeil, et de soins quotidiens. Tout est lié au soin, l’enfant nourrit son activité à partir de la continuité du soin. Il a besoin de la même chose, au même endroit, au même moment et avec la même personne. La répétition est primordiale !

Lors de la deuxième année, on assiste à une explosion de la motricité chez l’enfant. L’enfant grimpe (penser à mettre des plateformes à 3 accès), il circule (dégager des espaces ouverts pour qu’il les traverse et éviter les coins car les enfants y restent), il manipule (mettre des tapis avec des jouets tels que des récipients), il se niche (placards ouverts par exemple) et apprécie les jeux extérieurs.

Lors de la troisième année, l’enfant acquière une réelle indépendance motrice, il  prend connaissance de l’espace et de son environnement. Il faut qu’il puisse grimper, avoir un accès en libre service aux espaces et à des jeux de manipulation, ainsi qu’à des déguisements et des miroirs car il prend conscience de lui-même.

Aussi, lorsque l’on mélange les âges, il faut veiller à l’intérêt et aux besoins de tous. Cela passe par protéger les plus jeunes et les jeux des plus grands, mais aussi mettre à disposition des plus âgés un espace vaste.  Enfin, l’aménagement doit être adapté afin que chaque enfant puisse jouer librement sans être dérangé et avoir le temps de terminer son activité. N’oubliez pas que l’enfant est un partenaire actif qui doit toujours avoir la possibilité de trouver l’adulte s’il en a besoin.

Un temps pour chacun, dans l’espace de la relation. 

Selon le mode d’accouchement et de son histoire, de son environnement, chaque enfant va se développer différemment. Deux bébés de 3 mois ne seront pas forcément au même stade de leur développement. La comparaison de différents développements n’est donc pas pertinente et tant que le bébé progresse, il est primordial de le laisser évoluer à son rythme.

L’adulte a une très grande responsabilité dans le développement et le quotidien de l’enfant : par exemple, si le nourrisson est bien positionné, il peut téter; un bébé bien sécurisé peut téter, se détendre et regarder sa maman. L’adulte doit également veiller à changer de côté ses différentes actions pour la latéralisation afin de permettre à l’enfant de choisir (gaucher/droitier).

Dans l’accompagnement corporel, nous sommes toujours deux. L’enfant aime se saisir de son corps mais l’adulte l’aide à construire un corps qui se respecte. Par exemple, le temps de change est très précieux car il contribue à l’intégrité corporelle. L’adulte peut durant ce moment guider l’enfant à s’allonger de lui-même afin d’éviter la descente brusque pour lui et sans visibilité sur la table à langer.

Nous espérons que ce compte-rendu vous plaira et n’hésitez pas à nous laisser un commentaire !

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