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L’aménagement du temps et de l’espace pour le tout petit !

Posté le 13-06-2016

Comme nous vous l’avons annoncé sur notre page Facebook, Uneviedefamille.fr s’est rendue le lundi 23 mai au tout dernier colloque organisé par Zo & Ki qui portait sur « L’aménagement du temps et de l’espace, pour le bien-être de l’enfant accueilli et des professionnels de la petite enfance ». Nous avons pu assister à 3 conférences de Josette Serres (Docteur en psychologie du développement), Murielle Bonneton (Infirmière-puéricultrice de formation) et Lucie Meunier (Psychomotricienne). Voici donc un petit condensé de la première conférence en exclusivité, pour vous !

Des repères ? Pour quoi faire ? Pour se situer dans le temps et dans l’espace.

 

1. Ce qu’il faut savoir sur le bébé

Tout d’abord, si l’espace temps sert à se situer, il sert également à estimer et à se représenter (un itinéraire par exemple), et c’est cet aspect là qui est important chez le tout-petit. 

Les enfants de 0 à 3 ans voient le monde à leur échelle. Ils n’ont pas conscience du temps et ne ressentent pas la durée d’une journée, ils vivent le temps présent. A partir de 4 ans, l’enfant prend conscience de la séparation des différents moments de la journée et de leur ordre, mais ce n’est qu’à partir de 5 ans qu’il est capable de transposer une durée apprise et de comprendre que le temps est unique (5 minutes fera toujours 5 minutes).

De plus, les tout-petits ont besoin d’agir sur le monde, dans le sens où ils ont besoin d’exercer leur motricité sur un objet pour le comprendre. Ils testent les propriétés des objets et anticipent les résultats. Dès la naissance, le bébé est comme un chercheur, il fait des hypothèses vraisemblables, des prédictions et compare selon les données reçues. Il met également en place une boucle perception/action avec un aspect intentionnel (quel est le but à atteindre ?) et un aspect opérationnel (comment m’y prendre ?). Cela participe à son développement moteur, un câblage cérébral qui coordonne toutes les informations reçues se fait et se renouvelle automatiquement à chaque nouvelle information. 

Concernant le monde qui l’entoure, il faut également savoir que le bébé est très sensible aux rythmes. Il est sensible à la prosodie du langage et le fœtus a mémorisé les contours mélodiques les plus caractéristiques de la voix maternelle. Il utilise ces acquisitions sensorielles dans la période post-natale. Très petit, le bébé est déjà capable de repérer la synchronisation des échanges (voix/mouvements des lèvres) et est très réceptif à la direction du regard d’autrui et aux mouvements biologiques. 

Enfin, l’adulte ne doit pas oublier qu’il est un véritable partenaire de l’enfant dans les étapes vers la conscience de soi. On parlera alors du bébé comme un psychologue naïf : il décode les émotions, comprend les intentions et connaît les formats de communication. Vers 8 mois par exemple, il développe l’attention visuelle conjointe (il observera une scène, un jouet, puis vous regardera afin de voir si vous observez bien la même scène que lui). C’est le début de la théorie de l’esprit : est-ce que l’autre pense comme moi ?

Lorsque le bébé arrive, il découvre un environnement complètement nouveau. Son cerveau va alors chercher des régularités dans les événements de son quotidien pour les organiser et lui permettre de les anticiper et de se repérer ! Voici comment vous pouvez l’aider dans cette démarche.

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2. L’aménagement de l’espace dans une structure

Selon Josette Serres, pour le bien-être de l’enfant accueilli (crèche, assistante maternelle, MAM), l’espace se définit en 5 points importants. C’est premièrement un lieu à explorer par l’action motrice. Il faut donc privilégier du matériel combinable, échangeable et ayant un rapport contenant/contenu (que l’on puisse vider et remplir telle une bassine). Il faut créer des zones de jeux identifiables et si une zone de jeu rencontre beaucoup de succès, il ne faut pas la limiter mais plutôt en créer une autre. Il est recommandé également de ne pas obliger les enfants à jouer « de la bonne façon », de leur donner des challenges et surtout, de toujours ranger les jouets au même endroit. 

Deuxièmement, l’espace est un lieu de rencontres. L’enfant est toujours dans le mouvement et c’est ainsi qu’il découvre et apprend l’espace et les autres. Il ne faut pas restreindre un enfant qui souhaite courir par exemple, s’il le fait c’est qu’il en a besoin !

Troisièmement, l’espace est un lieu décrit par le langage. Il est important d’utiliser des adverbes de positions (ici, dedans, au-dessus) qui permettront à l’enfant de se repérer. La dénomination des lieux par l’image est également essentielle et l’ont privilégiera « Chez Mamie » plutôt que « au Nord de Paris » par exemple. 

Quatrièmement, l’espace est un lieu pour exprimer librement. Le professionnel ne doit pas diminuer le nombre de jeux pour réduire le « bazar développemental », au contraire il peut encourager l’enfant à participer dans la gestion du rangement. Le tout petit doit avoir une autonomie dans l’accès aux jouets et doit pouvoir choisir à quel jeu il a envie de jouer. Il n’y a pas de bonne action d’un objet, l’affordance d’un objet n’est limitée que par l’imagination de l’enfant et si celui-ci décide d’utiliser une chaise en traîneau il faut le laisser détourner l’objet autorisé. 

Enfin, l’espace est un lieu sécurisé par les adultes. Le professionnel petite-enfance est comme un phare, et les enfants jouent dans les espaces éclairés par son regard. La place d’un adulte est un régulateur très puissant dans la répartition des enfants et si l’on place un adulte dans un endroit, cela attirera les enfants. S’il y a certains obstacles fixes dans une pièce, l’adulte doit s’adapter. Il doit être physiquement présent et bienveillant, ainsi l’enfant pourra être serein et explorer plus longuement. 

3. L’aménagement du temps pour le bien-être du tout petit

Concernant le temps et son aménagement dans un structure d’accueil, Josette Serres le définit également par 5 points essentiels. Avant tout, il faut comprendre que pour le tout petit, le temps c’est l’estimation dans l’action. Il faut aider le bébé à attendre en remplissant les temps par des jeux (par exemple, fais un tour de vélo et ensuite tu pourras à aller aux toilettes). 

De plus, le temps se définit par l’organisation temporelle d’un événement : Il faut donner à l’enfant des repères annonciateurs de temps forts et un véritable script de la journée (par exemple du repas depuis le lavage des main). Il faut privilégier des repères fixes répétés de façons identiques en donnant par exemple un ordre fixe des enfants pour aller se laver les mains, cela les aide dans leur repérage temporel. 

Le temps c’est également les interactions sociales, il faut mettre en place des échanges alternés en utilisant le « chacun son tour » dans la communication. Il faut également permettre au tout petit de percevoir la synchronisation du langage (montrer sa bouche lorsque l’on parle). 

L’estimation par le langage est aussi un point important de l’aménagement du temps. Les temps de chants et de comptines peuvent être un véritable atout pour le repérage temporel de l’enfant par exemple (temps de chants avant d’aller manger par exemple). Il est également important d’utiliser une dénomination du temps en image comme pour l’espace, on ne dira pas 13h mais « l’heure du dodo », et on remplacera ce soir par « l’heure des papas et des mamans ». 

Enfin, le temps se définit surtout par le canal auditif. Il est important de privilégier la perception des rythmes et de leur permettre de produire des rythmes avec toutes sortes d’objets (instruments mais également bassines et cuillères en bois par exemple). 

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Nous espérons que vous avez apprécié cet article et vous apporterons un petit condensé des deux autres conférences très prochainement ! 

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