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Les besoins de l’enfant pour développer sa langue maternelle colloque Zo&Ki

Posté le 12-06-2017

L’enfant passe par différentes étapes pour acquérir les bases de sa langue maternelle. Mais quels sont les besoins de l’enfant pour développer sa langue maternelle ? Uneviedefamille.fr revient sur la conférence de Sophie Kern, chargée de recherches CNRS au laboratoire Dynamique du Langage à Lyon qui se tenait lors du dernier colloque mis en place par l’organisme Zo&Ki le 29 mai dernier.

Pour passer à travers les différentes étapes de développement, l’enfant doit acquérir de multiples compétences…
L’acquisition du langage est un processus naturel qui s’effectue progressivement chez tous les enfants. Pour cela, chaque enfant doit avoir des organes phonatoires qui fonctionnent (développement biologique) afin d’entendre les sons qui l’entourent. L’enfant doit aussi avoir un système cognitif performant pour emmagasiner les informations qu’il reçoit (la mémoire), les comprendre (cerveau et connexions) et les traiter. Il doit être motivé par l’envie de parler et de comprendre, c’est ce que l’on appelle le développement psycho-affectif. Ici, les parents et les professionnels de la petite enfance jouent un rôle décisif. L’enfant doit être stimulé lorsqu’il essaie de parler pour avoir envie de recommencer. Les échanges entre les parents, les professionnels et l’enfant sont un moyen de l’inciter à parler en mettant des mots sur les objets qui l’entourent et en le félicitant lorsqu’il parle. C’est ce que l’on appelle le bain langagier. Ce bain langagier doit être adapté à ce qu’il est capable de comprendre.

Les différences interindividuelles entre les enfants…

Pourquoi cet enfant parle beaucoup et lui non ? Une question que se posent tant les parents que les professionnels de la petite enfance. Cela s’explique par des différences quantitatives et qualitatives au sein d’un même groupe d’âge. Ces différences peuvent être liées au sexe ; les filles parlent plus tôt que les garçons, puis les garçons rattrapent leur retard à l’âge de 3 ans. Le tempérament est également un facteur déterminant ; certains enfants prennent des risques à parler et à se tromper tandis que d’autres attendent d’être sûr d’avoir bien compris le mot avant de l’employer. Le mode de garde et les interactions avec les professionnels ont également un rôle à tenir. Il doit être stimulé à parler et félicité pour continuer d’essayer.
Selon ces différences, l’enfant sera plus ou moins atypique voire aura un comportement pathologique. En effet, il se peut qu’un enfant ait du retard dans son développement langagier. S’il a un retard, on dit qu’il s’agit de parleur tardif à 24 mois, mais dans 35 à 50% des cas il y a une évolution positive. L’enfant a une bonne compréhension des mots mais il parle peu. Dans les autres cas, il y a un trouble du langage dont une dysphasie. Mais peu importe s’il s’agit d’un parleur tardif ou d’un grand bavard, les parents et les professionnels de la petite enfance doivent continuer à le stimuler et rester positif car se sera toujours positif pour son développement.

Les interactions avec l’enfant, essentielles à son bon développement

L’enfant ne peut apprendre s’il n’interagit pas avec son environnement et les personnes qui l’entourent, il doit pouvoir parler en étant locuteur et être récepteur en écoutant. Les rôles s’échangent dans la communication. L’entourage doit alors ajuster la structure grammaticale et les mots selon le niveau linguistique de l’enfant. Le langage qui lui est adressé a pour objectif de réguler son attention, avec une fonction affective. Lorsqu’un enfant parle, son entourage est heureux, il aura alors tendance à vouloir rendre heureux son entourage, cela le valorisera et il voudra recommencer.

Le langage adressé à l’enfant, LAE, est différent du parler bébé non seulement dans les mots et phrases utilisés mais aussi dans la prononciation. Les parents et les professionnels de la petite enfance ont tendance à articuler davantage les mots, à avoir des intonations exagérées et à allonger la durée des mots ; c’est un mécanisme naturel. Le vocabulaire utilisé sont des mots concrets, des mots mis en contexte : ici et maintenant, avec des séances d’étiquetage. L’enfant né avec un tout petit cerveau, sa compréhension sera beaucoup plus lente que chez l’adulte, il est donc important de lui laisser du temps pour comprendre et répondre. Nous reviendrons dans un prochain article sur les meilleures façons de s’adresser à l’enfant pour être compris.

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