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Les enjeux de l’oralité dans le développement sensori-moteur de l’enfant – colloque Zo&Ki

Posté le 01-02-2018

La bouche, considérée comme carrefour de l’oralité joue un rôle important dans le développement psychomoteur de l’enfant. L’enfant éprouve un sentiment de plaisir quand il est nourri et pendant ce moment, tous ses sens sont stimulés. Si l’oralité fait appel à tout ce qui est dévolu à la bouche, quels sont donc ses enjeux dans le développement sensorimoteur de l’enfant? 

Une Vie de Famille revient sur la conférence de Sophie Marinopoulos, psychologue clinicienne-psychanalyste et de Anja Kloeckner, psychomotricienne-psychologue clinicienne à l’Hôpital de la Pitié Salpetrière qui s’est tenue lors du dernier colloque mis en place par notre partenaire Zo&Ki.

L’oralité, qu’est-ce que c’est?

L’oralité regroupe l’ensemble des fonctions orales. Elle touche à tout ce qui concerne la bouche, les lèvres, la respiration, la  langue et une partie du tube digestif. Son développement s’inscrit dans un processus sensoriel et psychique à travers le développement psychomoteur, langagier, alimentaire et relationnel. Il existe deux formes d’oralités: l’oralité alimentaire (manger) et l’oralité verbale (s’exprimer).  Au niveau de la fonction alimentaire, on distingue l’oralité primaire qui correspond à l’étape de la succion et l’oralité secondaire qui correspond au passage à la cuillère: l’étape où l’enfant apprend à mastiquer.

Le développement sensorimoteur chez l’enfant , qu’est-ce que c’est?

Le terme sensorimoteur relève à la fois des fonctions sensitives et de la motricité. Le développement sensorimoteur correspond donc à l’évolution progressive des activités sensorielles, motrices et cognitives effectuées par l’enfant au cours de sa vie. A cette période il perçoit des signes qui stimulent ses organes de sens : une envie de sucer, de bouger, d’attraper, de connaitre, de mettre à la bouche pour découvrir.

Du plaisir de se nourrir (l’oralité) à celui d’échanger avec l’autre (relationner)

Il suffit de regarder un enfant manger pour se rendre compte que le plaisir de se nourrir ne vient pas seulement satisfaire son besoin nutritionnel mais aussi développer une relation mère-bébé. C’est dans le nourrissage que se nouent les premiers échanges interactifs mère-enfant: portage, parole, regard, complicité.  La bouche, considérée comme carrefour de l’oralité joue deux rôles importants dans la vie psychique de l’enfant:

  • Organe d’exploration: il s’agit de son premier contact avec la bouche qui débute avec la succion du pouce; un mouvement qu’il réalise depuis sa vie intra-utérine. L’enfant ressent le besoin de téter, de sucer en dehors de toute sensation de faim. Lorsqu’il grandit et commence à découvrir le monde qui l’entoure, il a tendance à mettre tout ce qui est à sa portée dans la bouche pour explorer. C’est une phase de découverte importante pour lui. On peut affirmer que ceci est le signe d’un bon développement psycho-moteur.
  • Organe auditif: On parlera ici de la voix qui joue un rôle déterminant sur l’équilibre affectif futur de l’enfant. Il est important qu’une mère communique avec son bébé pendant la grossesse: prendre le temps de lui parler, chanter en touchant son ventre. Cela permet de développer l’acuité auditive et lui apporte un sentiment de sécurité . Il perçoit toute l’attention qui lui est transmise et se sent aimé. C’est à ce stade que se construit les premières empreintes sensorielles qui influenceront l’équilibre affectif de l’enfant dès sa naissance.

Les enjeux de l’oralité dans le développement sensori-moteur …

L’oralité englobe les fonctions de respiration, d’alimentation, d’exploration et aussi de relation. Se nourrir apporte du plaisir, une satisfaction à la sensation de vide provoquée par la faim mais engendre aussi des enjeux:

  • A travers les conduites alimentaires:  L’enfant exprime sa faim par la voix, donc ressent une envie nécessaire de satisfaire un besoin. A la naissance, le nourrissage du bébé passe en premier par la tétée (oralité primaire); un mouvement de succion-déglutition que l’on observe quand l’enfant se remplit du lait maternel qui constitue d’ailleurs en ce moment, le nutriment de confiance. Lorsqu’il commence à grandir,  le passage à la cuillère prend progressivement place. Son alimentation se diversifie donc,  il apprend à mastiquer et acquiert la capacité de décider à déglutir ou non. La bouche devient alors une cavité ludique entre le dehors et le dedans. L’aliment introduit dans la bouche sera confronté aux papilles gustatives de l’enfant puis il décidera de le déglutir (accepter) ou de le ressortir (rejeter). Pendant les repas, on peut repérer donc certaines difficultés dans la conduite alimentaire de l’enfant telle que : le refus de s’alimenter par la cuillère, conserve en bouche les aliments ou les rejettent, souffre de vomissements, de régurgitations, … Ces troubles de l’oralité que présente l’enfant peuvent être  liés à des effets corporels (effets du sommeil), au changement du goût de l’aliment.
  •  Dans le ressenti corporel de l’enfant: L’enfant s’exprime par les cris et les pleurs (développement du langage) lorsqu’il a faim. C’est le moment où on observe des angoisses massives tout le long de son corps que seule la mère peut atténuer en lui donnant le sein. L’apaisement de ces angoisses ne se limite pas uniquement à la tétée. Le portage, les paroles, l’odeur de la mère interviennent aussi. L’enfant, en buvant, incorpore en lui tout le plaisir que lui procure le lait maternel. Bien porter par la mère dans la position adéquate, il se sent en sécurité. A travers la relation de maternage et d’alimentation, il va donc construire  progressivement une image corporelle avec un contenant (le lait).

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