Logo - Une vie de famille -


Mieux communiquer pour être compris de ses petits interlocuteurs colloque Zo&Ki

Communiquer

Posté le 12-06-2017

Les professionnels et les parents doivent s’assurer d’être compris par les enfants. Quelle est alors la meilleure façon de communiquer avec eux pour être sûr d’être compris ? Uneviedefamille.fr revient aujourd’hui sur la conférence d’Héloïse JUNIER psychologue en crèches, formatrice Petite Enfance, journaliste de presse écrite, conférencière, doctorante en psychologie du nourrisson à l’Université Paris Descartes qui a eu lieu lors du colloque Zo&Ki le 29 mai dernier.

De parler à l’enfant au parler avec l’enfant

Communiquer avec un jeune enfant est instinctif mais réfléchir à la manière dont nous formulons nos demandes peuvent nous permettre d’améliorer nos chances d’être compris. Tous leurs sens et leur capacité à comprendre le monde qui les entoure sont en pleine évolution ; et repenser le langage adressé à l’enfant, c’est aussi revoir toutes les pratiques mises en place pour le stimuler. Nous passons de parler à l’enfant à parler avec l’enfant. Ce petit mot change beaucoup de choses. En effet, les professionnels ont souvent tendance à anticiper les demandes de l’enfant pour répondre à ses attentes sans lui laisser le temps de comprendre ce qui l’entoure (ici parler à l’enfant). Il est important de placer l’enfant au centre des échanges et de lui offrir une communication motivante pour l’inciter à parler. C’est ce que l’on appelle le parler avec l’enfant.

Mais alors comment proposer une communication plus stimulante pour l’enfant ?

Pour interpeller l’enfant et l’inciter à communiquer  il va falloir l’appeler par son prénom car cela l’individualise par rapport au groupe. Il faut aussi se placer à sa hauteur, idéalement à 30 cm de distance de son visage. Lorsque l’enfant montre un objet, les professionnels doivent interroger l’enfant : « Qu’est-ce que tu veux me montrer ? » « Tu veux les jouets qui sont au fond de la salle ? ». L’enfant enregistre ces mots et pourra les restituer par la suite. Poser des phrases sous forme interrogative pousse également l’enfant à vouloir répondre car il se sent acteur du dialogue. Le tout petit parle beaucoup avec son corps ce qui donne des indications sur ce qu’il veut. Pour communiquer avec lui il faut donc utiliser le même langage. Voilà pourquoi il est préférable de privilégier le « Stop » qui interrompt l’action de l’enfant au « non » forme d’agressivité pour lui. La transmission d’informations chez l’enfant est plus lente que chez l’adulte, car son cerveau est en construction. Lorsque l’on parle à un enfant il faut lui laisser le temps de comprendre puis traiter de l’information. Obéir à une requête est donc beaucoup plus dur chez l’enfant. Il passe par différentes étapes pour répondre à une demande : entendre la requête formulée par l’adulte, décrypter et analyser la requête puis mémoriser le demande jusqu’à sa réalisation et enfin faire le lien entre la parole et le geste.

Gérer les émotions avec les tout petits

Notre corps parle et il peut montrer l’inverse que de ce que l’on dit. Il est important de privilégier un discours en accord avec nos émotions et ne pas mentir aux enfants sur ce que l’on ressent. Lorsque nous ne sommes pas en forme, il faut le dire à l’enfant et lui expliquer que ce n’est pas de sa faute car il aura tendance à penser que c’est à cause de lui si nous sommes mal. Les tout petits sont eux aussi submergés d’émotions. Pour les gérer il faut mettre des mots sur ces émotions et ne pas sous-estimer la frustration de l’enfant même si, du point de vue de l’adulte, ce n’est rien ; tout est à échelle d’enfant.
Lorsque l’on est en colère ou énervé par le comportement d’un enfant, il ne faut jamais réagir sous l’effet des émotions. En tant que professionnel, il est important de se poser les bonnes questions et mettre une distance physique avec l’enfant. Dans tous les cas, il faut veiller à garder une posture ferme et bienveillante avec l’enfant. Attention à ne pas crier après l’enfant car il sera en état de sidération incapable de raisonner. Le cerveau de l’enfant est fragile, les cris sont une sorte de maltraitance émotionnelle qui freine la maturation de la partie du cerveau qui a pour fonction de développer notre sens moral et nos émotions (Cortex Orbito-frontal (COF)). Il faut privilégier les formulations simples et positives pour l’enfant. Il ne faut pas oublier que l’enfant est en cours de développement, il faut donc être patient et compréhensif envers lui.

Les autres articles que vous allez aimer :

Aucun commentaire


Laissez un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :